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Né Denis Laplante à Montréal en 1936
Comme le suggérait son premier microsillon en solo J D ...
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en 1963, Joël Denis fut longtemps identifié à son rôle hebdomadaire à l’émission Jeunesse d’aujourd’hui qu’il
coanima avec Pierre Lalonde de 1962 à 1965. Si ce dernier passait aisément de la chanson de charme à la ballade rythmée, son copain Joël donnait volontiers dans la fantaisie, un domaine où il excellait, aussi bien que dans les chorégraphies qui accompagnaient ses prestations sur les rythmes les plus enlevés.
Du charleston au ya ya et à la samba, le chanteur-danseur ne négligeait aucune occasion de déployer son savoir-faire, particulièrement au moment de la vague yé-yé dont son interprétation du célèbre Yaya demeure une référence incontournable, plus de trente-cinq ans après son apparition au palmarès.
Ce succès a d’ailleurs fait l’objet d’une
nouvelle adaptation sur l’album Le yaya party paru il y a quelques années. Parmi les rythmes qui ont marqué les années folles du milieu de la décennie soixante, le shake a sûrement été un des plus prisés de la jeunesse du temps. Joël fut d’ailleurs un des premiers à y souscrire avec Vas-y, dis-lui une des chansons les plus frénétiques de l’époque.
À partir de 1966, Joël Denis se
consacre surtout au monde du cabaret où on le retrouve à la barre de revues comme Made in Joël qu’il promène pendant plusieurs mois à la grandeur du Québec. Une initiative qu’il répétera à quelques occasions, tout en continuant de graver 45 tours sur 45 tours. Mais s’il garde une bonne dose de fantaisie dans ses enregistrements, il lui arrive aussi de présenter des chansons dans un tout autre registre.
À l’ombre, Comme la mer, ou À soixante-quinze ans, version de la chanson When I’m 64 des fabuleux Beatles, dévoilent une dimension peu connue de cet artiste multidisciplinaire.
D’ailleurs, l’influence du célèbre groupe
britannique sur la démarche personnelle de Joël se fait sentir à plusieurs niveau, en particulier celle de John Lennon que le chanteur aura l’occasion de côtoyer lors de son fameux
Bed-in à Montréal en mai 1969.
Même les chansons fantaisistes qui occupent
toujours une partie importante de son répertoire s’enrichissent d’arrangements plus sophistiqués voire psychédéliques à l’occasion, telle cette Complainte d’un mari (ou Ma femme est partie) qui rappelle à la fois les sonorités de Nino Ferrer et des groupes pop les plus in du temps.
Toutefois, c’est au début des années 70 que cette évolution voit son aboutissement avec des chansons comme Pick, et plusieurs autres qu’on retrouve sur son nouvel album Joël Denis qui paraît en 1971. Pour l’occasion, le chanteur signe lui-même quelques textes comme Jos Lumière et s’assure la collaboration de Réal Barrette pour plusieurs autres: Tes orteils, L’argent, et Plus loin que le soleil.
Malgré les succès de certaines de ces chansons parues en 45 tours, dont C’ta pas encore fait et Jos Lumière, l’album reçoit un accueil plutôt discret, même si les chansons Ma fleur sauvage et Beaucoup d’amis nous permettent d’apprécier les facettes folk et country de Joël le chanteur, tandis que Alléluia, c’est la société se veut un commentaire social plutôt incisif.
L’écoute de ce disque sera donc pour plusieurs d’entre nous une opportunité de découverte et
l’occasion de mieux apprécier des aspects
moins connus de son talent d’interprète.
- Richard Baillargeon
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