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Jacques Michel, né Rodrigue en 1941 en Abitibi a tout juste quatre ans lorsque les soldats canadiens et...
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américains reviennent de la Deuxième. À CKRN, la radio de Rouyn, entre les airs d’opéra et les chansons western, on parle de héros qui ont porté l’étendard de la liberté et vaincu l’injustice. Notre petit home veut devenir soldat.
Doué d’un talent naturel pour la musique (mana chantait et papa giguait…)Jacques décide d’ajouter une autre corde à son arc. À 13 ans, il se joint à la chorale du Juvenat St – Michel en Estrie, où sa famille vient de s’établir. Après 2 ans chez les Frères des Écoles chrétiennes, il cesse ses études. Par ailleurs, l’armée le titille encore et il s’engage alors dans les Fusiliers de Sherbrooke. À 16 ans, il se joint au groupe les Rock’n’roll kids qui deviendra plus tard les Midnighters.
Et voilà qu’un autre combat s’amorce : nous sommes en 1957 et tous les jeunes veulent chanter dans la langue d’Elvis Presley. Jacques, qui découvre les Aznavour, Bécaud et compagnie, refuse de trahir l’idiome maternel. Il déserte la meute anglophile et fonde Les Colibris. Avec un nom français, il montre ses couleurs qui resteront bleu vif tout au long de sa carrière.
De plus en plus épris par la chanson, l’adolescent quitte l’armée pour de bon et décide de vivre de sa plume. « Comment vas – tu écrire bonhomme se dit l’apprenti – chanteur, t’as même pas terminé ta neuvième année? « Résolu à dépasser ses propres limites, le jeune battant se dit : « Je ne pourrai jamais être Brel, ni Ferré, mais si je travaille, je serai mieux que moi – même. »
En 1963, Jacques Michel décroche son premier contrat dans un cabaret montréalais : Le Café de l’Est. Michel interprète Mouloudji, Brel, Aznavour et Michel.
Quelques mois plus tard, Muriel Millard l’invite à la Comédie – Canadienne. La critique montréalaise le découvre et l’encense. Cet enthousiasme lui vaut de remporter son premier prix au Festival du disque de 1965 dans la catégorie yé – yé, avec une chanson, qui, ironiquement est une satire du genre.
Maldré le succès d’estime, après quatre albums et une bonne dizaine de 45 tours, le palmarès lui résiste encore, exception faite pour 2 hits qu’il a signés pour le groupe les Lutins : Monsieur le Robot et Roquet belles Oreilles. En 1968, Sur un dinosaure lui ouvre enfin les portes du palmarès.
Au printemps 1969, le chanteur frappe de nouveau avec À cause d’une fleur pour laquelle il obtient le prix spécial du jury au Festival du disque.
En 1970, avec Amène toi chez-nous, Jacques Michel rafle le Grand Prix du festival de Spa en Belgique. Au lendemain de la victoire, les journaux belges écrivaient que si le canadien n’avait pas remporté le premier prix, le public saccageait le théâtre. Quelques mois plus tard on le choisissait pour représenter l’unifolié au Festival International de la chanson populaire de Tokyo. Il interpréta Un nouveau jour va se lever. À son retour au pays ladite chanson est frappée par le censure sur les ondes radiophoniques (chanson présumée felquiste).
En 1972, il propose Pas besoin de frapper dont la chanson – titre est Chacun son refrain, ballade nationaliste dénuée de colère s’acheminent au top 10. Il produit ensuite Dieu ne se mange plus, l’album le plus rock de sa carrière. En 1974, l’extrait Ton verre est vide de l’album C’que j’ai l’goût d’dire, devient son premier succès sur les ondes FM.
En 1976, l’artiste propose ma nouvelle saison dont le titre Il chantait sera repris par Isabelle Aubret. En 1977, le chanteur revient avec Le temps d’aimer . Les deux succès de l’album sont Voyez – vous le temps qu’il fait et Rose chair de femme. Suivent les disques Le cœur plus chaud en 1978 et Passage en 1980, album animé par la même ferveur que S.O.S. sur lequel on retrouve entre autres Vodka – cola et Salut Léon.
En 1980, avec Maudit que j’maime, Jacques Michel réussit tout de même à donner deux succès aux radios avec Soleil Soleil et Happy song. Considérant qu’il a dit ce qu’il avait à dire, l’artiste dépose les armes et quitte la scène.
De 1985 à 1995, l’artiste conçoit avec Ève Déziel Le village de Nathalie et Sur la rue Tabaga, pour lesquels il co – écrit les scénarios et les textes de chansons.
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