Paolo Noël

 
 
 

Ceux et celles qui ont connu les cabarets des années cinquante et les débuts de la télévision se rappellent le chanteur de charme

 
 
 

, émule de Tino Rossi et grand amant de la mer. La génération des années soixante l’a vu animer des émissions quotidiennes comme Toast et café ou hebdomadaires comme Le music-hall des jeunes. Celle des années soixante-dix a plutôt en mémoire le sympathique quadragénaire qui s’adonnait au rock’n’roll quand il ne se glissait pas dans la peau de Bouchon, le clochard-poète. Plus récemment, Paolo Noël s’illustrait dans la série télévisée Omertà sur les ondes de Radio-Canada où il tenait le rôle de Tony Potenza. Tout au long de cette carrière bien remplie et toujours active, sa voix est pourtant demeurée son atout le plus en évidence. Tout jeune encore, il découvre le répertoire de Tino Rossi, grande vedette du music-hall français des années quarante. Paolo Noël est alors un des premiers chanteurs populaires à s’accompagner à la guitare. Outre les succès de son modèle, il propose certaines compositions de son cru qui laissent deviner une forte influence méditerranéenne. Si ses premiers textes parlent avant tout de la mer et des étoiles, Paolo ne tarde pas à diversifier ses sources d’inspiration. À l’automne 1956, il devient une des révélations de la maison RCA Victor et s’impose avec un double succès: Ma prière est son adaptation personnelle du succès My Prayer popularisé par les Platters, tandis que Vierge Marie, un extrait de l’opérette Méditerranée de Francis Lopez, devance l’interprétation originale de Tino Rossi sur les palmarès et chez les disquaires. Paolo aborde ensuite, au son de l’accordéon musette, une série de thèmes plus locaux comme La valse des rues ou Carré Saint-Louis. En 1958, il est l’une des personnalités honorées au Gala des Splendeurs, expérience qui se renouvellera à plusieurs autres occasions. Au début des années soixante, il connaît une nouvelle percée au palmarès grâce à la chanson Caterina qu’il emprunte à Perry Como. L’année suivante il revient brièvement au répertoire de son idole de jeunesse, Tino Rossi avec Le temps des guitares, chanson thème de l ‘opérette du même nom. Il participe ensuite au tournage du film Danger pour la société, une première expérience cinématographique qu’il ne renouvellera que beaucoup plus tard. Il reçoit entre temps le prix Orange, décerné à l’artiste le plus sympathique, en 1965. Cette période est très productive pour Paolo Noël puisqu’en plus d’animer l’émission télévisée Toast et café, en compagnie de Dominique Michel et de Frenchie Jarraud, il continue de graver 45 tours sur 45 tours. Un classique des recueils de La bonne chanson, La chanson du petit voilier devient un incontournable de son émission hebdomadaire Le music-hall des jeunes. Mentionnons aussi les titres Je suis à toi, Que c’est triste Venise et L’amour est bleu qui datent de cette période au terme de laquelle il est élu Monsieur Radio-Télévision, en 1968. Il passe alors à la radio où il anime l’émission quotidienne Le Café provincial, sur les ondes CJMS. Sa participation aux Tannants de chez-nous en compagnie de Gilles Latulippe, au début de la décennie soixante-dix, n’est pas étrangère à la série de chansons fantaisistes qui le caractérise alors. C’est beau, c’est bon, c’est chaud et surtout Flouche flouche prout prout (une adaptation très libre du refrain de Taxi girl que chantait Colette Renard), puis Flip, flop et fly et T’as donc des beaux bip bop lui permettent de laisser libre cours à une fantaisie que peu de gens lui connaissaient sur des mélodies très rythmées, allant du charleston au rock’n roll. Mais plusieurs admiratrices préfèrent le Paolo plus romantique à la façon de Perry Como (En vacances, Il est impossible), Al Martino (Aux portes du soleil) ou même Elvis Presley (Je n’aime que toi, version de The Wonder Of You). Sans oublier les nouvelles compositions du marin chantant: Ce grand bateau ou son ultime 45 tours, gravé en 1984, Si seulement j’étais matelot. S’il se fait plus rare à partir du milieu des années quatre-vingt, préférant s’adonner plus intensément à sa passion de toujours, la voile, on le retrouve sur scène et à l’écran un peu plus tard, toujours aussi sympathique et talentueux, que ce soit sous les apparences du chanteur rendant son Hommage à Tino Rossi ou dans la peau d’un personnage peu recommandable pour les besoins de la série Omertà III. -Richard Baillargeon

 

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