possède déjà, malgré son jeune âge, une solide expérience de la scène. Pendant sept ans, au milieu des années 60, elle s’est produite en spectacle dans divers cabarets de la région de Montréal, en tant que chanteuse au sein d’un groupe familial : le Trio Sourire. Les enfants Simard, soit Carole, sa soeur Nicole à la batterie et de son frère Serge à la guitare, ont même gravé un 45 tours sous ce nom, aujourd’hui introuvable. Ses idoles du moment sont Ginette Reno, Moïra et Michèle Richard, bien que le trio ait un certain attrait pour la nouvelle vague britannique, alors en pleine éclosion.
À la dissolution du trio, l’adolescente alors âgée de 15 ans poursuit des cours de chant et de diction, encouragée par sa mère qui adore la musique et la chanson. Quelque temps plus tard, elle est remarquée par Tony Caticchio, qui voit déjà aux destinées d’artistes aussi populaires
que Tony Massarelli, Moïra et Dany Aubé. Le dynamique producteur croit remarquer une ressemblance
entre Carole et une chanteuse alors fort populaire en Italie, qui porte le nom de Nada. Il n’en faut pas plus pour que soit trouvé le nouveau pseudonyme de notre future idole.
En quelques mois, la jeune artiste sera connue à la grandeur du Québec et sa jolie frimousse sera vue
à plusieurs reprises au petit écran, aux émissions consacrées à la jeunesse. Elle y côtoie autant les nouvelles têtes d’affiche que ses idoles d’hier. Pour la seule année 1970, elle se classe dans le peloton de tête des palmarès à trois reprises, avec Tes yeux, La félicité
et Tant qu’il y en aura. Ces succès auront pour conséquence une forte demande du côté de la scène
où elle se sent parfaitement à l’aise malgré son jeune âge, forte de son expérience antérieure. Le répertoire de Nada puise naturellement à la chanson italienne, certains succès provenant justement de la Nada d’outre-Atlantique. Un premier album vient finalement couronner cette première année déjà fort bien remplie : on y retrouve entre autres ses deux premiers succès et une nouvelle version de Sha la la adaptée par un collaborateur de longue date de l’équipe Caticchio : Joey Galimi.
L’année 1971 sera, elle aussi, fort occupée. Poursuivant sur sa lancée initiale, Nada connaît à nouveau les joies du palmarès avec Musica maestro, puis Le sable, titre prédestiné qui accompagne sa participation à la célèbre tournée estivale du Musicorama et donne place à un deuxième album aux couleurs de plage. Outre ses récents succès, on y retrouve des versions anglaises de Tes yeux (There’s Something In Your Eyes) et de Tant qu’il y en aura (If You Like A Boy). Ce nouvel album amène aussi une plus grande diversité de rythmes : une de ses nouvelles chansons évoque Les années du Dixieland tandis que Reste encore et Les jeux de l’amour sont des ballades d’inspiration country.
Si, par la suite, elle se fait moins présente sur les palmarès, Nada grave encore quelques 45 tours et se produit brièvement en duo sous le nom de Nada et Serge. Elle quitte le monde de la musique et du spectacle en 1974 pour se consacrer à sa vie familiale. Son absence des feux de la rampe ne diminue en rien son amour de la musique et il lui arrive encore de chanter à l’occasion, que ce soit lors de réunions familiales ou au sein de groupes locaux, tels les Rétro-Pop et le groupe Profusion dont elle fit partie de 1994 à 1998, dans la région du Témiscamingue où elle habite maintenant depuis 25 ans.