Tony Roman

 
 
 

Né à Montréal en 1942

Si une seule image devait immortaliser l’élan et la fougue de l’ouragan ...

 
 
 

yé-yé, au moment où celui-ci prend d’assaut la scène musicale québécoise, ce serait sans contredit ce clip miraculeusement conservé dans les archives télévisées – où l’on voit Tony Roman présenter sa chanson Do Wha Diddy Diddy au public ébahi des émissions Jeunesse oblige et Jeunesse d’aujourd’hui.

Ni le public adolescent d’alors, ni surtout les pa-rents de cette jeunesse à l’allure si sage, ne pouvaient vraiment comprendre ce qui poussait cet étrange individu à se démener de la sorte, sautillant de bord en bord de la scène, le micro à bout de bras et les cheveux en sueurs.

Depuis quelque temps déjà, ce jeune interprète, né Antonio D’Ambrosio, s’illustrait dans le monde du spectacle, que se soit en tant que chanteur, réa-lisateur ou encore musicien accompagnateur. Si ses premiers enregistrements le présentaient comme un émule de Gilbert Bécaud, lui-même surnommé Monsieur 100,000 volts, l’impact de la vague yé-yé fera de lui un performer vraiment survolté.
Dès l’été 1964, Tony Roman ne tarde pas à former son propre groupe, les Dauphins, avec qui il grave coup sur coup deux pièces qui ont l’effet de véritables détonations dans le paysage sonore. La première Do Wha Diddy Diddy (un succès mineur pour The Exciters, devenu plus tard # 1 grâce à son interprétation par Manfred Mann) a l’effet d’une bombe sur les nombreux palmarès. À peine a-t-on le temps de se rendre compte de son impact qu’un nouveau succès prend aussitôt le relais. Il s’agit cette fois de Sha La La, créé par Jeff Barry et Ellie Greenwich , le nouveau smash de Manfred Mann!

Avec ses deux succès dans ses bagages, Tony entreprend une tournée aux quatre coins du Québec dont témoigne le court-métrage de Claude Fournier On sait ou entrer Tony … Mais c’est les notes . De cette époque frénétique date également un nouveau microsillon où l’on retrouve, outre les deux succès mentionnés, quelques clins d’œil aux pionniers du rock ‘n roll : The Everly Brothers Quand je t’embrasse (Till I Kissed You), Gene Vincent (Be Bop A Lula) et Ray Charles Est-ce que tu le sais (What’d I Say), sans oublier les idoles du yé-yé français, Claude François Du pain et du beurre et Johnny Halliday Le pénitencier. Quelques pièces originales, écrites en collaboration avec les paroliers Gilles Brown Rappelle-toi et Hal Stanley When You Do All The Things You Do, Jimmy Goes To School y trouvent également place, de même qu’une étonnante composition de Tony Crier, crier, crier encore inégalée à ce jour.

Ne reculant devant rien, le chanteur s’exile pendantplusieurs mois aux Etats-Unis, espérant tâter le pouls de la Grosse Pomme et s’imprégner plus à fond des nouveaux sons à venir. Il revient au Québec la tête pleine d’idées et fonde la compagnie Canusa où il produira bientôt des artistes comme Johnny Farago, Patrick Zabé, Stéphane et surtout Nanette Workman, une chanteuse au talent prometteur, rencontrée lors de son séjour chez nos voisins du sud.

Tony lui-même grave de nouveaux succès sur cette étiquette, parmi lesquels Hanky Panky, un numéro 1 pour Tommy James and The Shondells, à l’été 1966. Optant pour les styles soul et rythm & blues qui font alors fureur dans les grandes villes américaines, Tony grave les versions québécoises de Mustang Sally et Niki Hoeky, mais n’hésite pas à s’aventurer en terrain country Tu peux t’en aller, version de The Race Is On, un succès pour George Jones ou à tenter des expérimentations sonores à la façon des Beatles et d’autres génies du studio comme Phil Spector ou George Shadow Morton.
À l’été 1968, Tony et Nanette animent la série hebdomadaire Fleurs d’amour et d’amitié dont ils interprètent la chanson thème en duo, une habitude qu’ils avaient prise depuis quelques années et qui réussit à merveille.

De son côté, si Tony continue d’enregistrer sporadiquement jusqu’au milieu des années 70, c’est surtout comme producteur de disques qu’il fait sa marque avec la maison Canusa.


- Richard Baillargeon

 

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Do Wha Diddy
$ 7,99