Les Baronets

 
 
 

Les mouvements musicaux au Québec ont souvent commencé sur une note de fantaisie. Si, dans les années 50, les ...

 
 
 

Jérolas ont tenu un rôle de premier plan dans l’acceptation du rock’n’roll, en 1964,
les Baronets ont vivement aidé à propager le virus de la beatlemanie.
Actif depuis quelques années, le trio se partageait entre la chanson plutôt sentimentale (Johanne, une composition de Jean et de leur prolifique gérant Ben Kaye, Dans tous les pays adaptée de All Around The World de Nat King Cole, et quelques autres), les sketches humoristiques ainsi que les imitations des vedettes du moment.
La découverte des Beatles et autres groupes
britanniques allait bouleverser leur répertoire et donner une envergure inespérée à leur carrière. Propulsés en tête des palmarès avec une première chanson du quatuor anglais, C’est fou mais c’est tout, version de Hold Me Tight, ils allaient connaître de nouveaux sommets avec Ça recommence (It Won’t Be Long), Twist et chante (Twist and Shout) et d’autres emprunts faits au Dave Clark 5, (Est-ce que tu m’aimes, version de Do You Love Me l’ancien succès des Contours) ou à Freddie and the Dreamers (C’est le Freddie, version de Do The Freddie). Les Baronets remportent en 1964 le trophée du groupe le plus spectaculaire de l'année au Gala des Artistes. Leur microsillon Ça recommence, avec huit compositions signées Lennon-McCartney dont Un monde sans amour (A World Without Love) et trois chansons de Dave Clark 5, était entièrement consacré à ces deux groupes!
Devant l’ampleur du phénomène et la vague
de reprises de chansons des Beatles, les Baronets sentent le besoin, dès l’été suivant, de se démarquer des autres groupes. Ils optent pour un style moins juvénile et plus personnalisé. Des pièces inédites comme Je suis fou et Seul sans toi, celle-ci une nouvelle composition de leur gérant et de son équipe gagnante, marquent la réussite de ce virage. En marge de leur carrière fulgurante, sur scène et sur disque, les membres du groupe découvrent les rouages du métier et deviennent à leur tour gérants ou producteurs d’autres artistes. Il s’agit majoritairement de groupes musicaux que Jean lance sur étiquette Première et Pierre sur Stop.
Le trio garde la même orientation musicale
pendant la parenthèse des Nouveaux Baronets
et connaît de nouveaux succès avec Demain (Here It Comes Again des Fortunes) et Ce n’est qu’un au revoir (Bye Bye Baby des Four Seasons). S’ils semblent s’être assagis sur disque, sur scène, ils ont gardé intact leur instinct de fantaisistes, comme en témoigne le bref numéro d’imitations intitulé C’est bon pour la publi-cité où ils s’en prennent à Pierre Lalonde, aux Sultans, à César et les Romains et aux Gendarmes! D’autre part, leur esprit moqueur transparaît dans leurs nouvelles chansons: par exemple, le côté si expressif des chanteurs de style Soul qui est gentiment caricaturé dans l’adaptation de Je suis seul, la version de What Is Soul, une pièce de Ben. E. King aussi reprise par Johnny Hallyday.

À partir de 1970, les Baronets deviennent un duo, suite au départ de Jean pour une nouvelle carrière soliste. Pierre et René participent alors à diverses expériences, allant de la comédie musicale (La belle amanchure) au cinéma (L’apparition), avant d’entreprendre des carrières respectives distinctes.

- Richard Baillargeon

 

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