César et Les Romains

 
 
 

Les groupes de la vague yé-yé se sont souvent identifiés à des titres de noblesse, des noms d’animaux,

 
 
 

des marques d’automobiles ou encore des personnages historiques. Dans cette dernière catégorie, le plus remarqué demeure sans contredit César et les Romains. Il n’est pas nécessaire cependant de remonter les siècles ou les millénaires pour connaître son histoire… quelques décennies suffiront ! Au début des années soixante, sur la lancée du rock’n roll et du twist, on assiste à la multiplication des orchestres de danse locaux. En Abitibi tout particulièrement, la proximité du circuit ontarien se fait sentir sur les jeunes musiciens. Il n’est pas rare que des formations comme Dino & The Question aient certains titres à leur répertoire plusieurs semaines avant que ces mélodies ne soient connues dans le sud de la Belle Province. Leur réputation ne tarde pas à s’étendre et les Questions se trouvent bientôt à sillonner l’ensemble du Québec avant de tenter leur chance dans la métropole. Que ce soit dans le contexte des soirées dansantes ou encore en spectacle, une place prévilégiée est accordée aux chansons plus sentimentales, qui touchent les gens dans leur propre vie. À cet égard, les fans de César et les Romains seront vraiment gâtés. Déjà à leurs débuts à Rouyn-Noranda, ceux-ci puisaient abondamment dans le répertoire d’Elvis Presley, ce qui avait le don de faire se pâmer une partie de leurs admiratrices. Il en sera de même sur disques où les Romains graveront de nombreuses adaptations du King, dont Alors c’était lui (I Want To Be Free), C’est la fin (That’s When Your Heartache Begin), Non (Don’t), J’ai tant d’amour (Love Letters), Dans ton miroir (Don’t Ask Me Why). Dès leurs premiers enregistrements, cependant l’interprétation bien personnelle de Dino L’Espérance donne à chacune d’elles un cachet unique par sa façon de vivre ses chansons, c’est à dire avec beaucoup de Soul, comme on dit alors chez nos voisins du sud. Le premier album du groupe, à l’automne 1965, particulièrement avec la chanson Je sais une composition de Claude François, révèle ce talent inné. Cette chanson, sans jamais paraître commercialement sur 45 tours, devient un des grands succès de César et les Romains. Parmi les autres slows mémorables de ce microsillon, on remarque Mon seul amour version québécoise de Unchained Melody et Pas cette chanson, succès de Ben E. King repris en France par Johnny Hallyday, sans oublier Toi et moi qui avait couronné les nombreux palmarès à la fin de l’été. L’année suivante, c’est à Paul Anka qu’ils empruntent Trop seul sans toi (Lonely Boy) qui devient leur nouveau succès. Avec le temps, cependant les fans en viennent à apprécier avec autant de plaisir l’interprétation de la chanson de Petula Clark, gravée en face B: Que faut-il faire pour oublier. Dans une veine un peu plus Rhythm’n Blues, le groupe se frotte à une pièce très Soul de James Brown, Try Me qui devient pour l’occasion Trois nuits, tandis que César propose une nouvelle pièce de sa composition, M’en aller. Déjà, au temps de Dino & The Questions, le chanteur avait taquiné la muse avec J’ai oublier de prier que le ,groupe reprend au début de l’année 1967. Dans les mois qui suivent, c’est du côté de l’Europe que le groupe tourne son regard: les chansons Par amour par pitié, chantée à l’origine par Sylvie Vartan et Le jour du dernier jour ( A Whiter Shade Of Pale de Procol Harum) marquent cette année spéciale où on peut voir les Romains brûler leurs tuniques et revêtir le complet traditionnel des artistes de music-hall. Avec les engagements internationaux qui commencent à leur sourire, leur répertoire se modifie légèrement. À leurs propres succès s’ajoutent désormais de nouveaux standards, des rythmes de valse notamment: Ooh lala, Dalila, Je veux vivre. On retrouve également, sur leur album de 1967, une interprétation de Yesterday dans la langue des Beatles. Malgré ces promesses de lendemains qui chantent, le groupe connaît un sort semblable à la majorité de ses confrères et se dissout avant la fin de l’année 1968. Si certains membres tentent des expériences parallèles, seul Dino (César) mène à bon port une carrière comme soliste. De 1969 au débuts des années quatre-vingt, on retrouve sa voix sur une quinzaine de 45 tours dont quelques-uns connaissent une certaine renommée: J’ai tant besoin de toi du groupe français Crazy Horse, Je ne suis plus rien sans toi et Viens me faire oublier, toutes deux popularisées dans les années soixante par Dick Rivers, et l’inédite Colour My World, succès du groupe Chicago, en donnent ici un bon aperçu. - Richard Baillargeon

 

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