Raymond Berthiaume

 
 
 


(Né en 1931 à Montréal)

Dans l’histoire de la chanson québécoise, Raymond Berthiaume ...

 
 
 

est un cas d’exception. Tout d’abord, ce chanteur populaire, qui fut révélé par N’oublie jamais en 1954 et qui connut plusieurs succès jusqu’au milieu des années 70, est avant tout un chanteur de jazz. Bercé par les Big Bands des années 40 et grand fan de Nat King Cole, il utilise sa voix comme un instrument de musique. Aux antipodes des chanteurs de charme des années 60 qui misaient sur une personnalité aguicheuse ou profitaient du romantisme de leur parolier, Berthiaume, lui, a tenu le pari de séduire son public avec la note juste. Son timbre velouté et sa ponctualité rythmique lui valent toujours d’être considéré comme un des meilleurs interprètes d’ici.
Né à Montréal en 1931, Raymond Berthiaume apprend le piano, la clarinette et le saxophone au Collège Laval. Dès 1948, il fonde avec le pianiste Roger Gravel et le contrebassiste Fernand Thibault les 3 Bars, trio de musique instrumentale de cocktail. Sachant que le public a un faible pour le chant, le propriétaire d’un cabaret suggère aux jeunes jazzmen d’interpréter quelques standards. Seul Berthiaume passe l’audition et il devient donc le chanteur attitré du groupe. En quelques mois, notre trio est cité comme le meilleur en ville et fait les belles nuits du très chic El Morocco, halte montréalaise des grandes stars comme Frank Sinatra, Vic Damone et Tony Bennett.
Berthiaume se tisse alors un répertoire ancré dans la tradition américaine et pige notamment dans celui de Nat King Cole (Smile). Intéressée par son style, la maison de disques RCA Victor signe le trio et, en 1954, lui fait enregistrer la chanson italienne N’oublie jamais, qui devient l’hymne national des amoureux. Mais le vedettariat, les spectacles et la télévision, notre baryton n’en raffole pas. Le musicien se plaît davantage dans les studios d’enregistrements et dès 1956, il débute une carrière fructueuse dans le domaine de la publicité en prêtant sa voix au commercial des cigarettes Sweet Caporal. En plus de chanter une quantité astronomique de réclames publicitaires pendant trente ans, il deviendra le choriste et l’arrangeur vocal favori des producteurs de disques et gravera les voix de soutien sur quasiment tous les enregistrements québécois des années 60.
C’est donc en dilettante que Berthiaume exercera la profession d’interprète tout en conservant un public fidèle. En 1968, il renoue avec le succès grâce à Un monde avec toi (The World We Knew), qui lui vaut cette année-là le trophée du meilleur chanteur populaire au Gala des artistes. La chanson lui avait été ramenée de New York par Gilles Talbot, qui avait vu Frank Sinatra l’enregistrer. Le producteur s’était dit qu’au Québec, seul Berthiaume pourrait rendre justice à cette œuvre qui exige un large registre. Amateur de riches mélodies, Berthiaume fera sensation avec les chansons de films comme Parle plus bas (du film The Godfather), Une histoire d’amour (Love Story), Le dernier tango à Paris, L’été 42, et Alfie, succès de Burt Bacharach. Pour son propre plaisir, ce spécialiste des arrangements vocaux créera des petits bijoux sonores en adaptant, entre autres, une œuvre instrumentale du compositeur Hugo Montenegro (Nous allons voler jusqu’au soleil). Il concoctera aussi des versions de chansons à succès des groupes liés au flower-power The Association (Never My Love [Non, non, jamais], Windy [Le fruit de la vie]) et Fifth Dimension (Up, Up And Away [Mon grand ballon jaune]).
Guylaine Maroist
-30-

 

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