Serge Deyglun

 
 
 

Il faut se reporter à la fin des années 60. Les Beatles ont leur gourou et la mode est au mysticisme ... ...

 
 
 

quétaine. C’est à ce moment-là que je rencontre Serge Deyglun, le maître du sans faire-croire. Deyglun connaît le nom de tous les animaux, les insectes et les plantes, y compris ceux qui à l’époque étaient en voie de disparition et ceux qui ont depuis rejoint les espèces disparues... Il y avait dans son salon un énorme lutrin d’église. Au lieu d’un missel, il y posait un énorme livre sur la faune et la flore du Québec. C’était sa bible. Homme d’une grande sagesse et conteur hors pair, il était devenu une sorte de gourou. Les mots quétaine comme gourou sont désormais des clichés désuets. Serge Deyglun persiste.
Nous avons perdu avec lui un ouvrage important sur la faune nord-américaine. Heureusement que le cow-boy a eu l’idée géniale de nous laisser ses chansons. Salut mon chum! J’ai tellement de plaisir de revoir ta fraise au bord du foyer où tu n’as jamais voulu chanter. Je sais qu’en enfer ça brûle. Et comme je suis à peu près certain que tu es au ciel et que tu es toujours un gros fumeur, t’as certainement trouver le moyen d’emprunter le briquet de Lucifer. Je suis aussi persuadé que tu es sur l’un de ces millions de lacs du paradis, dans un canot, à chanter avec nos amis les amérindiens.
-Claude Dubois

J’ai connu Serge quand je travaillais au Faisan Doré en 1947. Nous fûmes comme deux frères jusqu’à son décès, c’est à dire pendant 25 ans. Nous avons fait des spectacles ensemble, de la radio, de la télévision et de merveilleux voyages. C’est un gars qui avait toute mon amitié et mon admiration. Il était super-intelligent et très cultivé. S’intéressant à tout il lisait beaucoup. Il m’a sans cesse manqué depuis et j’en garderai toujours le meilleur souvenir.

Raymond Lévesque

Serge Deyglun était mon ami. Une amitié plutôt compromettante, ce dont je n’ai jamais eu à me plaindre, compte tenu de certaines de ses opinions et de ses habitudes de vie. Il mettait beaucoup d’art dans sa vie! Deyglun était aussi un homme d’une grande culture. Nous étions quelque-uns à nous retrouver régulièrement chez lui à refaire le monde. Deyglun avait aussi la faculté de se définir à plusieurs niveaux: poète, romancier, chansonnier, expert de chasse et de pêche, journaliste, conférencier, ... Pour ce qui est de ses chansons, je dirais qu’il les destinait à deux publics: celui qui les prenait à la lettre ou presque, et celui qui savait en décoder l’ironie, la dimension satirique. Je pense souvent à lui.

Jacques Languirand





Serge Deyglun

Fils de la comédienne Mimi Destée et de l’auteur et producteur Henry Deyglun, Serge Deyglun tient très jeune des rôles dans les radioromans qu’écrit son père. Il fait ses débuts de chansonnier en 1948 au Théâtre Canadien de Jean Grimaldi. Parallèlement, il écrit des nouvelles et signe des reportages dans Le petit journal, Photo-Journal, La Patrie et La revue populaire. En 1949, il s’embarque comme marin pour un périple de 18 mois aux Antilles. À son retour, il est brièvement annonceur à la station de radio de Sudbury (CHNO) puis occupe un poste similaire à CHLP (1951) où il anime “Jazz au cabaret dansant”. Il se produit sur scène au St-Germain-des-Prés. En 1953, il s’embarque pour la France avec son ami Raymond Lévesque pour remplir un engagement au cabaret L’Écluse, mais il doit rapidement revenir au Québec pour éviter le service militaire obligatoire que lui vaut sa citoyenneté française héritée de son père. Il chante alors dans les cabarets son répertoire qui comprend quelques parodies et des compositions poétiques. Grand amateur de chasse et de pêche, Serge Deyglun anime plusieurs émissions de radio et de télévision sur le sujet dans les années 1960, dont “Petit pêcheur deviendra grand” (SRC) et “Chasse et pêche”. Apôtre de la conservation de la faune et de l’écologie, il signe une chronique dans La Presse et mène des luttes pour la préservation des phoques, tournant le documentaire “Massacre des innocents” (ONF, 1965). Il lance également une campagne pour l’épuration des eaux en 1966.

Serge Deyglun a plublié Né en trompette, Escales et Gare aux loups!. Il a tenu un petit rôle dans le film Red (1971). Une rue du quartier Pointe-aux-Trembles de Montréal a été nommée en son honneur. La Fédération Québécoise de la Faune a institué un prix Serge Deyglun qui était décerné dans les années 1970. Le canal D lui a consacré, ainsi qu’à son père Henry, un documentaire d’une heure en mai 1998.
Robert Thérien

 

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