Beatles Québec
Les adaptations des Beatles au Québec
Au début des années 60, l’arrivée du groupe britannique The Beatles révolutionne la musique populaire.
Les quatre membres des Beatles
L’influence de la formation se fait alors sentir partout dans le monde et le Québec ne fait pas exception à la règle. De nombreux artistes locaux reprendront et adapteront en français les refrains des quatre garçons dans le vent pendant cette riche période d’effervescence.

La trace indéniable laissée par les Beatles sur l’industrie de la musique québécoise s’avère difficile à circonscrire tellement celle-ci fut marquante. Outre les reprises et les adaptations en français enregistrées par les artistes locaux, plusieurs références à l’univers du groupe figurent dans des chansons originales (Pour mon anniversaire, je voudrais un Beatles, par exemple). Un groupe féminin ira même jusqu’à se baptiser les Beatlettes. Ce survol n’a pas la prétention d’être complet, loin de là. Il permet néanmoins de rappeler une partie de l’histoire de la chanson au Québec et de rendre hommage aux Beatles, bien qu’on y parle surtout des artistes québécois qui les ont adaptés.

Par soucis de synthèse, ce texte présente la discographie originale des Beatles tel que parue en Angleterre. À la suite de chaque album, vous pourrez découvrir les adaptations québécoises des chansons figurant sur ce dernier. Comme certaines chansons ne sont parues que sur 45 tours et ne figurent par conséquent sur aucun album, une section particulière présente ce support. Il en est de même pour les chansons composées par les membres des Beatles, mais non interprétées par le groupe.


PLEASE PLEASE ME (1963) – Parlophone PMC 1202
I saw her standing there – Misery – Anna (Go to him) – Chains – Boys – Ask me why – Please please me – Love me do (1962) – P. S. I love you (1962) – Baby it’s you – Do you want to know a secret – A taste of honey – There’s a place – Twist and shout.

La première version québécoise issue de l’album Please please me, voit le jour la même année que celui-ci. Il s’agit de la chanson Chains, qui devient en français Chance. En 1963, Lucille Bastien l’ajoute à son répertoire. Les Baladins font de même, la même année et les Clovers Boys, en 1964. C’est également en 1963, que Pierrette Roy enregistre J’ai un secret à te dire, traduction de Do you want to know a secret. Gilles Brown reprend la chanson en 1965.

Il existe deux versions différentes de I saw her standing there. La première, intitulée Quand je l’ai vue devant moi, interprétée par les Étoiles Filantes, paraît en 1964. Les Sultans proposent également leur version, en 1964, sous le titre Toujours devant moi.

Le succès Twist and shout, devient dans la bouche de Yolande Claude et surtout des Baronets, Twiste et chante. Les Jaguars proposent également leur version au public québécois. Ces trois enregistrements datent de 1964. Les Corvairs et les Classels reprennent pour leur part, la version originale en anglais.

L’interprétation de J’en suis fou par les Bel Canto, version française de Love me do, obtient un énorme succès sur les palmarès en 1965. Enfin, la chanson Boys devient Seul par le groupe Les Majestiks, en 1966. En 1967, Jenny Rock propose une version féminine, intitulée Seule.

WITH THE BEATLES (1963) – Parlophone PMC1206
It won’t be long – All I’ve got to do – All my loving – Don’t brother me – Little child – Till there was you – Please mister postman – Roll over Beethoven – Hold me tight – You really got a hold on me – I wanna be your man – Devil in her heart – Not a second time – Money.

En 1964, Donald Lautrec propose sur l’un de ses premiers albums Toi l’ami, adaptation française d’All my loving. Moins connu, Fernand Larose reprend également cette version sur disque. Plus tard, en 1977, le groupe 18 Carats propose, sur un album entièrement consacré aux Beatles, une nouvelle version de All my loving, intitulé Tout s’efface.

La chanson C’est fou, mais c’est tout reste aujourd’hui indissociable du groupe les Baronets. Ces derniers adaptent Hold me tight en 1964. Les Clovers Boys reprennent le succès la même année, tandis que Benny Barbara, Léo Denis et Georges Tremblay proposent leurs versions instrumentales.

Les Baronets endisquent également deux autres reprises issues de l’album With the Beatles : Oh ! Je veux être à toi, adaptation de I wanna be your man, et Ça recommence, version française de It won’t be long qui connaît également beaucoup de succès.

En 1968, les Sultans offrent une version française de Money. La même année, les Intrigantes interprètent Les enfants de la plage dont le titre original est Till there was you. En 1970, Patrick Zabé nous chante Repose Beethoven, d’après Roll over Beethoven. Enfin, en 1979, Please Mr. Postman devient Je suis trop jeune sur le disque du groupe Satin.

A HARD DAY'S NIGHT (1964) – Parlophone PMC 1230
A hard day’s night – I should have known better – If I fell – I’m happy just dance with you – And I love her – Tell me why – Can’t buy me love – Any time at all – I’ll cry instead – Things we said today – When I get home – You can’t do that – I’ll be back.

Les Baronets, très vite considérés comme les Beatles québécois, récidivent avec Laisse-moi me reposer, version française de A hard day’s night, en 1964. Le groupe adapte également I should have known better, qui devient Je n’aurais jamais cru et If I fell, traduit en Si je te donne mon cœur. Grâce à Denis Barclay, I should have known better connaît une seconde version, en 1968, intitulée Mon rêve. Tant qu’à If I fell, Renée Claude le reprend également, en 1969, sous le titre Et je t’oublierai.

Par ailleurs, A hard day’s night est également enregistré par le Trio Monterey, sous le titre Quatre garçons dans le vent, en 1966. En 1969, Ginette Reno reprend la version originale lors d’un spectacle qui paraît sur un album live. Par ailleurs, le groupe 18 carats a également sélectionné cette chanson, dans sa version intitulée Laisse-moi me reposer, pour son album consacré aux Beatles datant de 1976.

Michèle Richard et les Clovers Boys interprètent Je ne peux l’acheter, version française de Can’t buy me love. Leurs versions respectives datent de 1964. L’année suivante, Gilles Brown nous propose J’ai l’amour, adaptation de And I love her. Toujours en 1965, Sacha lance une version instrumentale de cette chanson. En 1966, Roger Lorendo nous propose une nouvelle version française de cette chanson intitulée Et je l’aime. En 1968, une troisième version voit le jour, interprétée par Renée Claude et ayant pour titre Et te voilà. L’interprète endisque également la version anglaise, en 1969. Enfin, le groupe 18 carats intitule leur version Car je t’aime et René Simard chante Je l’aime, en 1978.

En 1965, les Hou-Lops traduisent Things we said today en Ces mots qu’on oublie un jour. Pour terminer, la chanson I’ll be back connaît également deux versions différentes. La première, intitulée Pour vous, par les Chanceliers, en 1966 et la seconde, Je suis revenu, par Christian et Gétro, en 1968.

BEATLES FOR SALES (1964) – Parlophone PMC 1240
No reply – I’m a loser – Baby’s in black – Rock and roll music – I’ll follow the sun – Mr. Moonlight – Medley (Kansas City, Hey hey hey) – Eight days a week – Words of love – Honey don’t – Every little thing – I don’t want to spoil the party – What you’re doing – Everybody’s trying to be my baby.

Une seule chanson issue de l’album Beatles for sale sera adaptée en français au Québec. Il s’agit de No reply, qui devient, en 1965, Elle est si belle. Cette version est enregistrée par les Monarques.

HELP(1965) – Parlophone PMC 1255
Help – The night before – You’ve got to hide you love away – I need you – Another girl – You’re going to lose that girl – Ticket to ride – Act naturally – It’s only love – You like me too much – Tell me what you see – I’ve just seen a face – Yesterday – Dizzy miss Lizzy.

Elle chantée par les Index, traduction de la chanson-titre de l’album paraît en 1965. L’année suivante, Madame Saint-Onge propose sa version, intitulée Il. Toujours en 1966, le groupe Ali Baba et ses 4 voleurs lancent Je t’aime, version française de I need you. Par ailleurs, la chanson It’s only love devient en français Le vrai bonheur, interprété par les 409. En 1976, Jacques Salvail propose une nouvelle version de cette chanson, intitulé Y’a pas de mal.

Les versions et reprises de Yesterday dans le monde sont innombrables. Au Québec, la plupart des artistes enregistrent la version intitulé Je croyais. C’est le cas de Pierre Lalonde (1966), Jen Roger (1966), Jimmy Davis (1966), Pière Sénécal (1966), l’ensemble André Bellefeuille (1968) et Michel Louvain (1968). Tant qu’à Richard Nagisca (1966), Lucien Hétu (1966), Ook-Piks (1967), Georges et Rod Tremblay (1968), Maurice Boivin (1970) et Guy Savard (1978), ils nous proposent leurs versions instrumentales de ce très beau succès.
Par ailleurs, les Bops nous en proposent une version différente, en 1966, intitulé Autrefois. Ginette Sage enregistre en duo avec le groupe Los Tres Compadres une version intitulée Ayer, datée de 1967. Enfin, César et les Romains choisissent de reprendre la version originale anglaise, en 1967.

Le groupe Les Mersey’s interprète, en 1966, Je l’ai perdu cette fille, dont le titre original est You’re gonna lost that girl. Il existe trois versions différentes de la chanson You’ve got to hide your love. Tu ferais mieux de l’oublier, interprétée par les Excentriques est également reprise par Roger Lorendo, en 1966. La même année, les Fortiches chantent Je suis celui. En 1969, les Bel-Air intitulent leur version Ma préférée. En 1974, le groupe endisque également Je dois partir, adaptation de I’ve just seen a face.

Johnny Farago connaît l’un des ses premiers succès grâce à son adaptation de Act naturally, qui paraît sous le titre Être naturel. En 1969, les Sultans préfèrent cependant enregistrer la version originale en anglais. Les Mersey’s font de même avec la version originale de Ticket to ride. Ce n’est cependant pas le cas des 18 carats, qui traduisent la chanson en Prends un billet avec moi. Le groupe enregistre également une version de Help, intitulé Hey au secours.

En 1970, Renée Martel connaît également le succès grâce à Un certain soir, adaptation de The night before. La chanteuse Sylvia reprend cette version, en 1974. Pour terminer, Michel Pagliaro enregistre, également en 1974, Tu m’étourdis Miss Lizzy, dont la version originale s’intitule Dizzy miss Lizzie.

RUBBER SOUL (1965) – Parlophone PMC 1267
Drive my car – Norwegian wood (This bird has flown) – You won’t see me – Nowhere man – Think for yourself – The word – Michelle – What goes on – Girl – I’m looking through you – In my life – Wait – If I needed someone – Run for your life.

En 1966, Drive my car devient Tu peux t’en aller sur un enregistrement des Chanceliers. La même année, les Makadams endisquent leur version de Girl. Cette chanson sera aussi connue sous le titre de Je l’aime grâce aux interprétations des Chantels et des Paraders. En 1967, Gilles Brown l’enregistre à son tour. En 1966, les Zéniths proposent une autre version de cette chanson, intitulée Seul.

Les premières versions québécoises de Michelle voient le jour en 1966. Cette année-là, les Atomes, les Fury’s, Daniel Giraud et les Aristocrates l’ajoutent à leur répertoire. Léonard Duquette lance également sa version instrumentale. L’année suivante, c’est au tour de Ginette Sage et Paul Beauregard de proposer leur version. L’Ensemble André Bellefeuille (1968) et Robert Demontigny (1969) font également partie des interprètes de la version francophone de Michelle. Par ailleurs, le groupe 18 carats intitulent leur nouvelle version Michel Michel, sur leur album de 1976. En 1979, Yvon Morissette reprend la version originale anglaise.

Bien que ce soit Renée Martel qui obtient le succès de Rien pour faire une chanson en 1969, la version française de Run for your life fut également endisquée par Pierre Lalonde, en duo avec Andrée, en 1967. L’année précédente, Réal Pilon gratifiait le public de sa version instrumentale. C’est également en 1967 que paraît La fille qui me plait, interprétée par les Bops, version française de Norwegian wood.

En 1971, Liette et François lance Je suis fier de t’aimer, adaptation de If I needed someone. Trois traductions différentes existent de la chanson You won’t see me. La première, datant de 1969, s’intitule Le jour la nuit et est interprétée par Nicole Nevers. La seconde, chantée par Anne Renée en 1974, a pour titre Je veux savoir. Enfin, Richard Proulx, également en 1974, intitule sa version Reste avec lui.

REVOLVER (1966) – Parlophone PMC 7009
Taxman – Eleanor rigby – I’m only sleeping – Love you to – Here, there and everywhere – Yellow submarine – She said she said – Good day sunshine – And your bird can sing – For no one – Doctor Robert – I want to tell you – Got to get you into my life – Tomorrow never knows.

Peu de chansons issues de l’album Revolver furent traduites au Québec. Les Moribonds enregistrent, en 1966, Mr. Taxman, adaptation de Taxman. La même année, les Nouveaux Baronets interprètent Un petit sous-marin jaune, dont la version originale a pour titre Yellow submarine. En 1976, l’engin change de couleur dans l’interprétation des 18 carats, intitulée Le sous-marin vert. En 1967, Plume enregistre une version française de Docteur Robert.

Deux adaptations différentes existent de Here there and everything. Dis-moi, interprétée par Monique Leyrac, en 1967, est repris par Françoise Lemieux, en 1969. En 1967, les Chanceliers chantent une version intitulée La fille dont je rêve. Par ailleurs, André Gagnon endisque, en 1971, une version instrumentale, en conservant le titre anglais. Enfin, Renée Martel interprète l’année suivante, Entre tes bras, d’après Good day sunshine.

SGT. PEPPER'S LONELY HEARTS CLUB BAND (1967) – Parlophone PCS 7027
Sgt. Pepper’s lonely hearts club band – With a little help from my friends – Lucy in the sky with the diamonds – Getting better – Fixing a hole – She’s leaving home – Being for the benefit of Mr. Kite – Within you without you – When I’m sixty-four – Lovely Rita – Good morning good morning – Sgt. Pepper’s lonely hearts club band (reprise) – A day in the life.

En 1967, Lucy in the sky with diamonds devient grâce au 25e Régiment, Lucie sous un ciel de diamants. Les Mersey’s adaptent deux chansons issues de l’album Sgt. Pepper’s lonely hearts club band. En 1967, ils connaissent un de leur principaux succès avec Soldat de bois, adaptation de With a little help from my friend. L’année suivante, le groupe récidive avec Jolie Rita, dont le titre original est Lovely Rita. En 1969, Donald Lautrec propose une version différente de With a little help from my friend, sous le titre de L’amour quand tu es là. Le groupe 18 carats propose également une nouvelle version de ce titre, Des amis pour m’aider, sur leur album consacré aux Beatles, en 1976.

En 1968, Joël Denis enregistre Quand j’aurai 75 ans, adaptation de When I’m sixty-four. L’année suivante, Renée Claude reprend le titre et l’intitule À 75 ans. Enfin, l’Infonie reprend, en 1969, She’s leaving home, en anglais.

MAGICAL MYSTERY TOUR (1967) – Capitol SMAL 2835
Magical mystery tour – The fool on the hill – Flying – Blue Jay Way – Your mother should know – I am the walrus – Hello goodbye – Strawberry fields forever – Penny lane – Baby you’re a rich man – All you need is love.

Bien que la version française la plus connue de Hello goodbye au Québec demeure celle des Intrigantes, parue en 1967, le groupe les 409 endisque, la même année une seconde version, intitulée Reviens reviens. Par ailleurs, les Sinners obtiennent également beaucoup de succès grâce à leur adaptation de Penny Lane, enregistrée aussi par Eddy Demers, en 1967. Encore une fois, les 18 Carats préfèrent proposer leur propre adaptation de ces deux succès sur leur album de 1976. Ainsi, Allo goodbye et Marylène figurent en bonne place sur leur disque. Le groupe reprend cependant Le fou sur la colline que les Milady’s avait endisqué en 1968, traduction de The fool on the hill. En 1976, Serge Fontane enregistre une version instrumentale de cette chanson.

En 1968, les Baronets et les Mersey’s rivalisent avec leurs adaptations de Your mother should know. Les premiers intitulent leur version La même chanson, tandis que les seconds lui donnent pour titre Ta mère ne sait pas.

THE BEATLES (WHITE ALBUM)(1968) – Apple PCS 7067/8
Back in the USSR – Dear prudence – Glass onion – Ob-la-di ob-la-da – Wild honey pie – The continuing story of Bungalow Bill – While my guitar gently weeps – Happiness is a warm gun – Martha my dear – I’m so tired – Blackbird – Piggies – Rocky raccoon – Don’t pass me by – Why don’t we do it in the road – I will – Julia – Birthday – Yer blues – Mother nature’s son – Everybody’s got something to hide except me and my monkey – Sexy sadie – Helter skelter – Long long long – Revolution 1 – Honey pie – Savoy truffle – Cry baby cry – Revolution 9 – Good night.

Deux artistes québécois se partagent le succès de l’adaptation française d’Ob-la-di ob-la-da, en 1969. Il s’agit de Patrick Zabé et d’Alain. Le premier fait cependant disparaître les traits d’union du titre, qui devient Obladi oblada. Le groupe 18 Carats y va aussi de sa version en 1976. Toujours en 1969, les Sound Track enregistre Ce soir c’est ma fête, traduction de la chanson Birthday. La Famille Lacombe endisque également cette chanson en conservant le titre original.

C’est également pendant l’année 1969 que Christian et Gétro reprennent sur disque Bungallow Bill et Julia. L’année suivante, Bobby Leclerc propose Reste avec moi, adaptation de Don’t pass me by. Enfin, Michel Pagliaro reprend, en 1972, Revolution dans sa version originale.

YELLOW SUBMARINE (1969) – Apple PCS 7070
Yellow submarine – Only a northern song – All together now – Hey bulldog – It’s all too much – All you need is love – Pepperland – Sea of time – Sea of holes –Sea of monsters – March of the meanies – Pepperland laid waste – Yellow submarine in Pepperland.

Outre Yellow submarine déjà paru sur un autre album, seul All together now connaît une adaptation dans la langue locale : Chantez avec moi, interprété par Alain, voit le jour en 1969.

ABBEY ROAD (1969) – Apple PCS 7088
Come together – Something – Maxwell’s silver hammer – Oh ! Darling – Octopus’s garden – I want you (She’s so heavy) – Here comes the sun – Because – You never give me your money – Sun king – Mean Mr. Mustard – Polythene pam – She came in through the bathroom window – Golden slumbers – Carry that weight – The end – Her majesty.

Suite au succès remporter par Obladi-oblada, Patrick Zabé propose, en 1969, une nouvelle adaptation d’une chanson des Beatles : Oh ! Darling. La même année le groupe S.T.P. transforme Maxwell’s silver hammer en Les gens d’aujourd’hui. En 1970, Mariette Lévesque chante une nouvelle version de cette chanson intitulée Le p’tit oiseau. Toujours en 1970, Bobby Leclerc interprète Elle est rentrée dans notre maison, adaptation de She came is throught.

La première reprise de Something à voir le jour sur disque au Québec, celle de Pierre Lalonde qui la chante en anglais, est bientôt suivie par Quelqu’un quelque part. En 1971, Donald Lautrec et Michèle Richard se partagent la création de ce titre. Renée Claude interprète la même année une version différente intitulée Peut-être. Les instrumentistes apprécient également Something puisque trois d’entre autres endisquent le morceau : André Gagnon, Lucien Hétu et Léonard Duquette.

En 1971, avec la voix de Martin Peltier, Here comes the sun devient Il n’y a plus personne. L’année suivante, Bobby Leclerc interprète une nouvelle traduction de la chanson ayant pour titre C’est l’amour. Enfin, en 1972, Isabelle Pierre interprète À cause d’un oiseau blanc, très belle adaptation de Because.

LET IT BE (1970) – Apple PXS 1
Two of us – Dig a pony – Across the universe – I me mine – Dig it – Let it be – Maggie Mae – I’ve got a feeling – One after 909 – The long and winding road – For your blue – Get back

Seulement deux chansons de l’album Let it be furent adaptées au Québec. Marie Jane interprète, en 1972, Suis-moi, dont la version originale est Two for us. Enfin, Ginette Ravel enregistre Donnes-lui, version française de Let it be.

45 TOURS (1963 à 1970) – Parlophone et Apple
Les chansons suivantes n’apparaissent que sur des 45 tours (EP et Single confondus) : From me to you – Thank you girl – She loves you – I’ll get you – I want to hold your hand – This boy – Long tall Sally – I call your name – Slow down – Matchbox – I feel fine – She’s a woman – Ain’t she sweet – Yes is this – I’m down – Can’t buy my love – Day tripper – We can work it out – Paperback writer – Rain – Lady Madona – The inner light – Hey Jude – Don’t let me down – The ballad of John and Yoko – Old brown shoes – You know my name (Look up the number).

Issue du EP The Beatles hits, sorties en 1963, From me to you connaît deux versions au Québec. D’abord, Claire Aumont interprète, en 1964, Des bises pour toi et pour moi. Ensuite, toujours en 1964, les Skylinners enregistrent De moi à toi.

Par ailleurs, I want to hold your hand, dont la version originale est tirée d’un single de 1963, devient Oh! Donne-moi ta main interprétée en 1964 par Pierre Lalonde, Roland Montreuil, ainsi que par Pierre Le Bon. Dorothée Fay interprète également la chanson sous le titre Donne-moi la main. Les Skylinners tant qu’à eux, intitulent leur version instrumentale Redonne-moi ta main. En 1969, les Baronets reprennent la version originale anglaise.

En 1964, Tony Roman et Roland Montreuil endisquent Elle t’aime, version française de She loves you, dont l’original date de 1963. Toujours en 1964, les Minous Blancs enregistrent Je vais pleurer, traduction de Ain’t she sweet. Les Clovers Boys traduisent également cette chanson ; leur version s’intitule N’est-elle pas délicieuse.

Les Napoléons reprennent, en 1966, I feel fine, un titre de 1964, sous le titre Je suis en amour. L’année suivante, le groupe interprète Tout s’arrangera, version française de We can work it out. Claire Lepage reprend, en 1971, la version originale de cette chanson, datée de 1965. Enfin, les 18 Carats proposent sur leur album consacré au Bealtles, une version intitulée Tout peut s’arranger.

En 1967, Gilles Brown adapte une chanson de 1963, intitulée This boy et intitule sa version Cette fille. En 1968, Claire Lepage obtient un grand succès grâce à Le vieux piano, dont la version originale, I call your name, extraite du EP Long tall Sally, date de 1964. En 1965, Michel Robidoux avait également offert au public une version de cette chanson, intitulée Plus la même. Dix ans après sa parution originale, Slow down devient, en 1974, Pas l’temps chanté par la voix de Michel Pagliaro.

Plusieurs artistes québécois proposent leur version de Hey Jude, à commencer par Rémy Jouvence et Michel Pagliaro, en 1968. Ils seront suivis par le 25e Régiment, en 1969, puis par Donald Lautrec et Jacques Boulanger en duo, en 1971. En 1970, les Classels enregistrent la chanson en anglais. Il existe également deux versions instrumentales, l’une par Donald Seward (1969) et l’autre par l’Orchestre Beaumont (1970). Enfin, les 18 Carats proposent, en 1976, une nouvelle version française intitulée Pour toi.

Pour terminer cette section, signalons qu’en 1968, les Baronets et Bruce Huard rivalisent sur les palmarès avec leur version française respective de Lady Madona, dont la version originale est parue sur un 45 tours cette année-là.

COMPOSITION PAR LES MEMBRES DES BEATLES

Avant d’entamer des carrières solos, certains membres des Beatles composent des chansons que le groupe n’enregistre pas. A world without you fait partie de ces chansons. Au Québec, Norman Knight et les Baronets se partagent le succès de la version française : Un monde sans amour, en 1964. L’année suivante, les Classels enregistrent à leur tour cette chanson.

C’est également en 1964 que paraissent les disques de Jacline Guy et de Claudette Vandal comprenant Hello petite fille, adaptation de Hello little girl. L’année suivante, Gilles Brown interprète Ce danger c’est moi, version française de I’ll keep you satisfied. Par ailleurs, en 1970, Michel Pagliaro obtient un grand succès avec L’amour est là, adaptation de Step inside love. Enfin, Pierre Lalonde endisque Aujourd’hui c’est congé, dont la version originale, Bad to me, constitue un démo enregistré par les Beatles et non paru à l’époque.

CONCLUSION

Ce bref survol de l’époque mythique de la Beatlemania au Québec demeure incomplet. En effet, comme mentionné plus haut, plusieurs chansons originales font référence aux Beatles où à leur univers. Relever toutes ces références s’avère une expérience complexe que personne jusqu’ici n’a menée à terme. De plus, ce dossier pourrait être complété par la liste des chansons enregistrées par les membres du groupe pendant leur carrière solo et adaptées en français.

Enfin, le panorama présenté ici a été volontairement circonscrit aux années 60 et 70. C’est principalement pendant ces deux décennies que la majorité des adaptations et reprises du groupe au Québec furent enregistrées. Il existe bien sûr des productions postérieures, comme par exemple celle du duo Lambert et Vanasse, au début des années 2000, mais après le milieu des années soixante-dix, celles-ci deviennent marginales.

Par ailleurs, il faut noter que les versions originales des quatre garçons dans le vent font également bonne figure dans les palmarès québécois. Les très nombreuses adaptations n’ayant pas complètement éclipsées les versions originales. Les Beatles s’en retrouvent donc plus présents dans le cœur des québécois.

Recherche et texte : Frédérick Blais