Denis Pantis (Montréal, 1942)

Denis entreprend une carrière de chanteur de rock and roll au début des années 60 sous le nom de Dante. Il effectue des tournées avec Bobby Rydell et Jerry Lee Lewis dans le Nord Est des États-Unis. Pendant ces années, il commence à produire des disques les premiers disques de rock'n'roll francophone au Québec. En 1962, il rencontre Michèle Richard et réalise l'album Twiste avec Michèle qui se vend à plus de 100 000 exemplaires.

Il s'associe avec Gilles L'Écuyer, Jean-Paul Rickner et les cousins Laniel de Trans-Canada pour fonder Franco Disques dont la prestigieuse étiquette Trans-Canada dominera les années 60 avec plus de 450 45 tours lancés. Il réalise ses premiers coups d'éclat avec les succès de Michèle Richard, Pière Sénécal, Robert Demontigny, les Baronets et Jacques Desrosiers.

En 1964, Denis Pantis lance l'étiquette Jeunesse sur laquelle sont produits notamment les grands succès Ce soir de Gilles Brown et Avant de me dire adieu des Classels. Il révolutionne l'industrie du disque en proposant un son jeune et axé sur la pop, le rock et le rythm'n'blues.

Au Festival du disque de 1965, il remporte le prix pour la compagnie ayant vendu le plus de disques.

En 1965, il fonde Télédisc, qui regroupe bientôt plusieurs vedettes de la chanson populaire. Misant sur la vogue des groupes, il achète les contrats des Bel Canto, des Sultans, des Bel-Airs et des Mersey's. Il continue parallèlement de produire les disques de Michèle Richard pour le compte de Trans-Canada. En 1966, avec Télédisc, il s'accapare littéralement les premières positions des palmarès.
C'est alors qu'il achète l'étiquette Citation qui lui permet d'ajouter à son impressionnante brochette de vedettes César et les Romains, Les Gendarmes, Les Chanceliers et les Milady's.

En 1967, il fonde les Industries Denis Pantis qui, en plus des disques, s'occupent de promotion et de gérance d'artistes. Il lance une troisième étiquette, DSP, et met notamment sous contrat Renée Martel et Michel Pagliaro. Cette année-là, les protégés de Denis Pantis vendent 110 000 albums et plus de 940 000 45 tours. On estime qu'il contrôle, en 1968, 24% du marché pop francophone, ou 11% des ventes totales de disques au Québec.

Au Festival du Disque de 1969, DSP est nommée meilleure étiquette pour les productions destinées à la jeunesse. · Cette même année, alors que les groupes sont en déclin, Denis Pantis se décharge de plusieurs de ses contrats et lance l'étiquette Spectrum sur laquelle il produit, entre autres, les disques de chanteurs issus de groupes dissous (comme Bruce Huard des Sultans et Simon des Lutins).
En 1970, Denis Pantis entreprend la compilation d'anciens succès sur les étiquettes Archives du Disque Québécois et les Disques Millionnaires.

En 1971, il produit le film Finalement, mettant en vedette Chantal Renaud et Jacques Riberolles. Chantal Renaud remporte de la Révélation féminine de l'année au Gala Méritas pour sa performance dans le film.

Pendant les années 70, il dirige le Studio DSP où enregistrent, entre autres, Michel Pagliaro, Renée Martel, Céline Lomez, Toulouse, Boule Noire, Melody Stewart, Walter Rossi, Michel Stax, Michèle Richard, Liette et François, Pierre Létourneau, Gilles Girard, Bruce Huard, Johnny Farago et Jerry de Villiers.

En 1977, il signait une entente avec Barclay (Polygram) concernant l'utilisation des titres, entre autres, de Renée Claude, Stéphane Venne, Claude Dubois, Léo Ferré et Raymond Lefebvre.

En 1979, il s'associe avec Jean Paquin, vice-président de la publicité à TVA, et fonde la compagnie de distribution (92464 Canada Inc.) qui deviendra Distribution de Disques Mérite. Les deux hommes d'affaires entreprennent la production et la promotion d'albums de grands succès d'artistes québécois en les commercialisant au moyen de la Pub Télé.

Le producteur continue d'enregistrer de nouveaux artistes et obtient notamment la première place des palmarès en 1979 avec Une femme en amour de Sylvie Jasmin. Dans les années 80, il continue de réaliser les albums de Michèle Richard et obtient un énorme succès avec l'album J'entends son violon.

En 1981, il devient l'unique actionnaire des Disques Mérite. Il prend conscience de l'importance du catalogue québécois et décide de se consacrer à la consolidation de son répertoire.

S'étant porté acquéreur, au fil des ans, d'une quantité importante des bandes maîtresse, il contrôle, en 1992, selon le chercheur Robert Thérien, plus de 75% du matériel enregistré au Québec de 1965 à 1975. De 1992 à 1999, il achète d'autres bandes maîtresses, notamment dans la musique country et le folklore. Selon le chercheur Gabriel Labbé, il détient aujourd'hui plus de 80% de toute la production de musique folklorique québécoise de 1950 à 1970.


(Certaines informations sont tirées du Dictionnaire de la musique populaire au Québec, Robert Thérien et Isabelle D'Amours, Institut québécois de recherches sur la culture, 1992)